Frenna : Comment il a exporté le son néerlandais au-delà des frontières

Fort d’une carrière de plus de dix ans,…

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Fort d’une carrière de plus de dix ans, façonnée par son riche héritage ghanéen et la scène cosmopolite néerlandaise, Frenna se confie à l’approche de son concert parisien, dans la foulée de la sortie de son album bLoOdLine.

Ouverture & mindset

Frenna, comment vas-tu ?

Ça va vraiment très bien, je m’apprête à commencer ma tournée européenne. Et toi ?

Tu es en pleine tournée ‘FRONT ROW’, quel est ton état d’esprit en ce moment ?

Je suis dans un bon état d’esprit. C’est un moment important, ça représente beaucoup pour moi. Je me sens comme un pionnier aux Pays-Bas, celui qui commence quelque chose pour que tous ceux d’où je viens puissent suivre, tu vois ? Les artistes aux Pays-Bas ne font pas vraiment de tournées européennes. Il y a une raison à cela, mais je sens que je peux franchir ce cap.

Quand as-tu réalisé que la musique était faite pour toi ?

Je pense que c’était quand j’étais plus jeune. Ma sœur rentrait à la maison, elle avait l’habitude de chanter tout le temps, et moi j’écrivais des chansons à la maison. J’avais environ dix ou treize ans. La musique a toujours été mon seul rêve. C’est la seule chose sur laquelle je me suis concentré.

bLoOdLine & l’album

Tu as sorti ton nouvel “bLoOdLine” album l’été dernier. Qu’est-ce que ce projet représente pour toi sur le plan musical et au-delà ?

C’est un rapprochement avec mes racines. Ce projet consistait surtout à me rapprocher de mes racines et de ce que je fais. Ce n’était pas plus que ça. C’était juste un retour aux sources, un retour là où tout a commencé. Parce que je suis né aux Pays-Bas, mais mon cœur bat pour le Ghana, évidemment, puisque j’en suis originaire. Et pour l’Afrique.

Les langues comme outil

Tu chantes en néerlandais, en anglais, et tu as aussi collaboré avec des artistes francophones. Comment navigues-tu entre toutes ces langues ?

J’ai toujours utilisé beaucoup de mots anglais dans ma musique, parce que c’est l’argot, c’est comme ça que je parle avec mes amis. Et le Royaume-Uni a eu une énorme influence sur ce que j’écoutais. Donc je ne réfléchis même pas à la façon dont j’utilise les langues, ça vient naturellement.

Et le fait d’être Néerlandais, de venir des Pays-Bas — est-ce que tu vois ça comme un avantage pour toucher de nouveaux pays, de nouveaux territoires ?

Absolument. Et c’est aussi la raison pour laquelle je fais cette tournée. Je sens que nous, aux Pays-Bas et notre scène musicale, on est très sous-estimés. Et c’est une motivation pour moi de faire ça. Parce que pendant longtemps je me disais que pour m’exporter à l’échelle mondiale j’avais besoin de changer de langue. Et puis j’ai réalisé que non, j’ai juste besoin d’introduire mon style, mon son, ma langue au monde, à une échelle globale. Et les gens allaient accrocher à partir de là. Parce qu’il y a des artistes français qui percent là d’où je viens, et les gens ici ne parlent pas tous français mais c’est juste le son. Et je sais qu’il y a beaucoup de gens là-bas qui vont aimer le son aussi. Je le prends comme un avantage parce que je me vois comme un outsider qui apporte une nouvelle vibe, et qui montre aux miens qu’il y a d’autres pays qui aiment notre musique..

Penses-tu que le public francophone a trouvé un moyen de résonner avec ta musique, avec ta langue et de t’adopter ?

Ouais, j’ai collaboré avec quelques artistes. Et je sens que la musique connecte les gens d’une façon différente. Je pense que les fans vont adorer, et les artistes aiment déjà, il y a beaucoup d’artistes qui me soutiennent. Donc ouais, je pense que c’est une bonne chose.

Et justement, tu seras à Paris dans quelques jours. Qu’est-ce que ça représente pour toi de jouer dans cette ville ?

C’est la première fois que je joue à Paris. J’adore Paris, c’est une des plus belles villes du monde, surtout en Europe. Je viens toujours à Paris pour écrire de la musique, enregistrer, travailler sur des projets. Je suis toujours fasciné par la langue, par la Tour Eiffel, juste par le décor.. Et Paris joue aussi un grand rôle dans la mode, et j’apprécie vraiment ça. J’aime vraiment tout à Paris.Et c’est une ville tellement romantique.À l’échelle d’une vie, c’est un des meilleurs endroits où aller. Donc ça représente vraiment beaucoup pour moi que, parmi toutes les villes où je vais jouer, je commence par Paris.

SFB

Beaucoup t’ont connu à travers le groupe SFB dont tu faisais partie. Quelle est ta réflexion quand tu décides de lancer l’aventure en solo ?

Dans le groupe, j’avais commencé à faire beaucoup de trap. C’est comme ça que j’ai commencé, surtout avec SFB. Et ensuite j’ai commencé à embrasser davantage ma culture, ma propre culture, parce que je viens d’Afrique, et j’ai commencé à inclure des sonorités africaines dans ma musique. Et ça m’a amené à un tout autre niveau. Ce changement a été très bénéfique pour moi.

L’héritage ghanéen

Venant d’un héritage ghanéen, penses-tu que tu as une mission de représenter le Ghana à travers ta musique, ton son, tes visuels ? Est-ce que tu te vois comme un ambassadeur pour l’Afrique et le Ghana ?

Je me vois comme un hybride. J’ai deux continents qui vivent en moi, le monde occidental et l’Afrique. Et je représente les deux en même temps. En même temps que je représente le Ghana, j’essaie de rendre mondial le son que nous avons en Hollande. Je joue sur les deux tableaux.

Et en jouant sur ces deux tableaux, comment expliques-tu ta capacité à te réinventer ?

J’ai cet avantage parce que j’ai ces deux mondes qui vivent en moi. Il y a toujours tellement de choses dans lesquelles puiser. J’ai des chansons africaines et j’essaie toujours de connecter l’africain avec le monde occidental. Donc je me réinvente tout le temps. Je ne me suis jamais vraiment senti en train de me réinventer parce qu’il y a tellement de territoires dans la musique africaine que je n’ai pas encore touchés. Et dans le monde occidental aussi, le sampling, par exemple.

Le papiamento

En écoutant ton album “bLoOdLine” on peut entendre du papiamento sur “Hopi Amor”. Quel était l’objectif avec cette chanson et le choix de chanter en papiamento ?

Les Pays-Bas sont un endroit très multiculturel. En grandissant dans ces « ghettos », on grandit avec beaucoup de gens de pays différents et on se connecte les uns aux autres. Et à cause de ça, il y a beaucoup de gens des Caraïbes ici, des gens de Curaçao, ce sont mes voisins. En tant que voisins, tu as des amis, tu absorbes des choses, tu apprends la langue. Et ensuite j’ai commencé à me produire à Curaçao parce qu’il y a beaucoup de Néerlandais là-bas aussi. Et à chaque fois que j’y allais, ils me montraient beaucoup d’amour. Donc j’avais envie de faire quelque chose pour eux, m’ancrer dans ma propre culture, mais en même temps taper dans la culture de mes voisins.

La fierté & l’intime

Quelle est ta plus grande fierté en ce moment, quelque chose que les gens ne voient pas de l’extérieur ?

Ma fille. Je ne la montre pas beaucoup sur les réseaux, mais elle est tout pour moi.

Et la dernière : si tu devais choisir une seule chose que tu veux que les gens retiennent de Frenna, ce serait quoi ?

Je veux juste capturer tout ce qui se passe dans le monde en ce moment et apporter de bonnes vibes. Je veux juste que les gens se disent : « Frenna, c’est là où sont les bonnes vibes, là où est le positif, là où est la fête. »

C’est ça, Frenna.

Merci infiniment !

Merci beaucoup.


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