Il a fait danser le monde entier sur de l’Azonto bien avant que l’Afrobeats ne devienne l’un des genres musicaux les plus influents de la planète. Pourtant, au moment de parler de ceux qui ont participé à l’internationalisation de ce genre musical, on oublie trop souvent de citer son nom.
Retour sur l’histoire de Fuse ODG, le vrai patron dans l’ombre.
Le braquage des radios anglaises
Bien avant que les grandes stars d’aujourd’hui ne fassent le tour des stades européens, le chanteur ghanéen-britannique Fuse ODG posait déjà les bases. Dès 2011, il lance le titre viral Azonto avec Tiffany, accumulant rapidement des millions de vues sur YouTube et lançant une folie de danse mondiale.
Mais c’est en 2013 que la machine explose dans l’industrie : son morceau Antenna devient un tube planétaire. Le titre se hisse jusqu’à la 7ᵉ place du Top Singles au Royaume-Uni (cumulant plus de 55 millions de vues sur YouTube avec son remix aux côtés de Wyclef Jean). Et ce n’était pas un coup de chance. Dans la foulée, Million Pound Girl (Badder Than Bad) grimpe jusqu’à la 5ᵉ place du classement britannique et passe la barre des 35 millions de vues. À une époque où les grandes maisons de disques hésitaient encore à passer de l’Afrobeats en boucle, Fuse ODG a simplement forcé la porte.

« Fuse ODG n’a pas seulement sorti des hits , il a montré à toute une génération d’artistes que c’était possible. »
Le mouvement TINA : bien plus que de la musique
Mais ce qui fait la force de Fuse ODG, c’est ce qu’il a construit à côté. L’artiste ne s’est pas contenté de faire des vues sur YouTube. Il a créé le mouvement TINA (This Is New Africa), un vrai mot d’ordre pour changer la façon dont le monde regarde l’Afrique.
À travers ses sons, ses clips et sa marque de vêtements, il a voulu montrer une Afrique moderne, jeune et fière de sa culture. Son geste le plus fort ? En 2014, il a refusé de participer au grand projet caritatif anglais Band Aid 30 (qui réunissait de grandes stars pour chanter contre Ébola), en expliquant qu’il en avait marre de voir son continent toujours présenté de manière triste et misérable par les médias occidentaux.
L’amnésie de l’industrie musicale
Le problème dans le monde de la musique, c’est que la mémoire est très courte. Quand l’Afrobeats a complètement explosé à l’échelle mondiale à la fin des années 2010, les projecteurs se sont braqués sur de nouvelles têtes d’affiche. Bien qu’il ait été récompensé à trois reprises aux MOBO Awards (Best African Act), Fuse ODG s’est toujours concentré sur l’indépendance et l’impact culturel plutôt que sur la course aux trophées. Avec le temps, son nom s’est ainsi fait plus discret dans les grands récits de la pop mondiale. Pourtant, c’est bien lui qui a déblayé le terrain et ouvert la voie entre Londres, Accra et le reste du monde.
Une empreinte encore bien vivante
Aujourd’hui, Fuse ODG continue de produire et d’entreprendre entre le Ghana et l’Angleterre. Mais sa vraie victoire réside dans son héritage plus de dix ans plus tard, la gestuelle d’Antenna et les pas d’Azonto font toujours partie de l’ADN de la culture pop.
On les retrouve encore aujourd’hui au cœur des chorégraphies virales sur TikTok, reprises par toute une nouvelle génération qui reproduit ses pas sans toujours savoir d’où ils viennent. C’est le propre des bâtisseurs, ne pas avoir besoin de porter une couronne sur la tête pour



